
Accompagné de Miss Kid, de ma petite Kawette et de Superdoc venu tout spécialement pour l'occasion, nous bravons la froidure nocturne avant d'entrer dans un Zénith que chauffe déjà Mylo, groupe electro au groove hypnotique et aux morceaux en boucle. "Motherfuckers gonna drop the pressure". Pas très verbeux mais sans équivoque...
Changement d'ambiance, la scène se pare de couleurs chaudes et My Weakness emplit l'espace lorsque Moby entre en scène, accompagné de ses musiciens. Guitariste, batteur, pianiste et chanteuse entourent un Moby, lutin bondissant aux quatre coins de la scène, pour un passage en revue de ses trois derniers albums... Play est à l'honneur : après le My Weakness d'ouverture, Honey, Bodyrock, Why Does My Heart Feeling So Bad entre autres et un Find My Baby anthologique pretexte à une joute entre Moby à la guitare et son guitariste... à l'harmonica !
Pour autant, 18 et Hotel ne sont pas oubliés notamment à travers les morceaux de bravoure que sont We're All Made Of Stars et Lift Me Up, servi en premier rappel... De 18, on entendra encore In My Heart, Signs Of Love, Sunday, One Of These Mornings ou Extreme Ways. Hotel sera lui aussi largement interprété : Raining Again, Beautiful, Spiders, etc.
Mais Moby sait aussi musarder entre ses propres anciens morceaux (le tube Go de son premier album éponyme, repris sur I Like To Score) et des classiques du rock de chez lui et n'hésite pas à nous gratifier à l'occasion d'une reprise de Johnny Cash ou d'une version incendiaire du Break On Throught des Doors.
Lorsqu'il ne chante pas ses chansons lui-même, Moby sait se mettre en retrait et profiter de la voix magnifique de la chanteuse qui l'accompagne. Loin du comportement de star que le succès planétaire des ses trois derniers albums pourrait faire craindre, c'est avec beaucoup d'humilité qu'il se met au service de sa musique et de ses musiciens. C'est d'ailleurs ce qui caractérise le mieux Moby : simplicité, humanité, chaleur... Entre deux morceaux, il prend le temps de nous glisser quelques mots en français dans le texte, sussurant de sa voix douce "je vous aime beaucoup" ou "merci beaucoup, beaucoup", prenant au passage quelques photos qui viendront illustrer son blog...
Au bout de deux heures, il nous laisse avec Spiders non sans avoir lancé quelques piques circonstanciées sur Bush et son administration... Mais ce n'est pas là ce qu'il faut retenir. Le temps aura passé très vite, trop vite pour nous laisser à peine entrevoir plus de quelques facettes de sa personalité et de son talent mais une chose est sûre : sur scène, l'electro lisse et réservée de ses albums s'électrifie à grand coup de guitares punk, gagne en tension et en nervosité et finalement s'humanise. Plus tard, rendus au froid de la nuit, on reste conquis par la générosité et l'intensité de ce concert !

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